8 mars : Grève féministe pour les droits des femmes !

4 mars 2024 - par CGT-Culture

En ce prochain 8 mars 2024, alors que le président de la République a fait du droit des femmes une grande cause nationale depuis son premier mandat, les femmes continuent de faire les frais d’inégalités dans la société comme dans le monde du travail. Cela se traduit par de grandes disparités systémiques entre les femmes et les hommes.

À titre d’exemple, au rythme où vont les mesures pour réduire les inégalités salariales – aujourd’hui de 24% des salaires et 40% des pensions – dans le secteur privé et 14% dans la Fonction publique, il faudrait « attendre » l’année 2186 pour enfin prétendre à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ! Cette disparité est d’autant plus scandaleuse que les femmes sont devenues plus diplômées que les hommes et pourtant moins nombreuses à des postes de cadres.

Pire encore, la politique menée par le gouvernement sous l’impulsion de l’Elysée accentue les inégalités entre les femmes et les hommes, à l’image de la réforme des retraites de 2023.

Les femmes représentent 56% des personnels du ministère de la Culture. Le ministère de la Culture prétend s’engager contre les inégalités et les violences sexistes et sexuelles mais force est de constater que cet engagement ne va pas assez loin.

Les femmes représentent 73% de la filière administrative parmi les titulaires. On sait que les métiers à forte prédominance féminine sont dévalorisés et cette filière ne fait pas exception.

Sans surprise, si le statut de la Fonction publique est censé garantir l’égalité de traitement, nous constatons encore, rien que sur le périmètre du titre 2 (personnels rémunérés par le ministère), près de 300€ de différence en défaveur des femmes en rémunération moyenne ; cet écart est dû au temps partiel majoritairement pris par les femmes, à la « ségrégation des corps » (elles sont moins présentes dans les corps les mieux rémunérés), au fait qu’à âge égal les femmes sont dans des grades et échelons inférieurs, et aux écarts de rémunération indemnitaire. Une autre inégalité touche les contractuelles, à savoir la précarité : elles occupent 67% des contrats à temps incomplet et près de 70% des contrats temporaires !

Ces inégalités s’accentuent donc au fil de la carrière pour l’ensemble des femmes (seules 30% sont à des postes de direction en centrale et 38% dans les EP), carrière impactée par les temps partiels, les temps incomplets imposés, les régimes indemnitaires et les primes moins élevées.

Face à cette situation, les organisations syndicales ministérielles Cgt-Culture, Cfdt- Culture, Fsu-Culture, Sud Culture Solidaires et Unsa-Culture ont déposé un préavis de grève avec les revendications suivantes :

  • L’ouverture d’une négociation pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes avec un portage politique du cabinet de la ministre
  • La mise en place de toutes les mesures garantissant une égalité salariale et une égalité des déroulés de carrières femmes/hommes avec des moyens financiers adaptés
  • La revalorisation des métiers à prédominance féminine et la favorisation de la mixité des métiers
  • Un véritable plan de titularisation des contractuel·les, en priorité des précaires et une amélioration des droits des non-titulaires
  • L’intégration des primes dans le salaire
  • La fin des temps partiels imposés que subissent majoritairement les femmes
  • La fin de toutes les violences sexistes et sexuelles quel que soit le statut de l’agresseur, y compris ceux en position d’autorité ou à forte notoriété
  • La  protection  et  l’accompagnement  des victimes de violences sexistes et sexuelles
  • Une meilleure prise en compte des besoins des femmes en matière de santé à travers des mesures de prévention spécifiques, notamment l’allocation d’autorisations spéciales d’absence et la mise à disposition de protection hygiéniques gratuites sur les lieux de travail et d’études
  • Un travail de sensibilisation au repérage, mais aussi à l’accompagnement des victimes de violences conjugales doit être mis en place, en leur accordant notamment des autorisations spéciales d’absence pour leur permettre d’effectuer toutes les démarches nécessaires. Il convient aussi de prendre des mesures protectrices dans le cadre du télétravail
  • L’abrogation du jour de carence lors des arrêts maladie
  • L’inscription dans la Constitution du droit à l’IVG
  • Un congé de naissance de 6 mois pour chacun des parents, le maintien du congé parental jusqu’au 3 ans de l’enfant avec une meilleure rémunération
  • La prise en compte totale du congé parental dans l’ancienneté, quelle que soit sa durée. L’investissement massif dans les services publics pour garantir l’égalité des citoyen.es : le droit à une place d’accueil pour chaque enfant et une réponse adaptée à la perte d’autonomie des personnes âgées