Texte d’orientation du XIVe congrès de la CGT-Culture – mai 2026
L’action sociale désigne les actions d’une société sur elle-même afin de préserver sa cohésion, par des dispositifs d’aide aux plus fragiles dans le but d’acquérir ou préserver leur autonomie.
Les bourses du travail, caractéristiques de l’autonomie ouvrière à la fin du XIXe siècle, ont posé les premiers jalons d’une solidarité de classe toujours à l’œuvre dans notre CGT.
Les luttes ont conquis les congés payés (avec une fois dans l’année un prix réduit sur les billets de train toujours en vigueur) et les allocations chômage en 1936, puis la sécurité sociale en 1945, dans le droit fil du programme « Les jours heureux » approuvé le 15 mars 1944 par le Conseil national de la résistance.
Dès 1967 et en dépit de luttes, les principes d’origine sont progressivement remis en cause, dont la gestion paritaire du régime ou son unicité alors divisée en plusieurs branches.
Depuis lors, les attaques n’ont pas cessé, fragilisant le système et favorisant le développement de dispositifs dits « complémentaires », pour partie gérés dans des logiques de profit et de rémunération d’actionnaires.
L’action sociale s’est mise en place dans ce contexte où les garanties initiales offertes par la sécurité sociale perdaient progressivement leur importance et leur capacité à secourir les personnes confrontées à des difficultés.
Dans son état actuel, l’action sociale repose sur une multiplicité d’actrices et d’acteurs : les collectivités nationales et territoriales, les employeurs publics et privés (avec les comités sociaux d’entreprise), des mécanismes d’assurance, des associations, etc. ; la diversité des prestations possibles et la complexité des démarches à accomplir pour en bénéficier rendent nécessaire le recours à diverses structures afin d’accéder à l’intégralité des droits et dispositifs.
Au ministère de la Culture, la CGT-Culture a obtenu la revalorisation des plafonds de ressources de +20%, permettant la réintégration de nombreux personnels dans le dispositif des aides sociales.
Au niveau interministériel, vos représentantes et représentants ont obtenu dans le cadre d’une action collective en justice auprès du Conseil d’état, une victoire concernant les chèques vacances des retraité·es, malheureusement éphémère, mais pour laquelle nous ne désarmons pas !
Avec des budgets attaqués de toute part (amputation de 20% du budget global de l’ASI soit environ 29M€), malgré des besoins croissants, et un dialogue social mis à mal nonobstant la création d’une formation spécialisé au niveau de la DGAFP, la perte de substance est décisive.
La CGT-Culture continue et continuera toujours à se battre pour une justice sociale toujours plus grande !
Les revendications de la CGT-Culture :
La dégradation continue des conquis sociaux collectifs amène à exiger une action sociale forte, ouverte à tous les personnels et qui garantit les moyens et offre les droits suivants :
- Le maintien d’un Bureau des Affaires Sociales au ministère de la Culture, de pleine compétence et de plein exercice, renforcé en effectifs et en moyens
- Une égalité d’accès pour toutes et tous et une égale disponibilité, quels que soient l’employeur, le statut et le lieu de travail sur le territoire, avec le même taux de subvention et de types d’aides
- Un égal accès aux professionnel·les de l’action sociale, avec un référent pour 1000 agentes et agents
- Une information claire et complète et une formation obligatoire pour l’encadrement
- Une gestion réellement paritaire de l’action sociale qui accorde toute leur place aux organisations représentatives dont le niveau de responsabilité et la part prise aux orientations et à la définition des dispositifs doivent être élargis
- Un soutien aux associations de personnels en leur accordant des moyens supplémentaires, notamment en termes de décharge d’activité ; une évaluation de leur activité fondée sur des critères sociaux (catégorie, genre, etc.)
- Un accès de toutes et tous à la culture notamment par le développement de la gratuité et de réductions liées à la carte culture similaires à celles offertes par la carte ICOM, ainsi que le développement de l’accès aux établissements de spectacle vivant ou de création artistique
- Une reconnaissance de la culture comme un enjeu constitutif du développement social humain, un facteur d’échanges, de connaissance et d’émancipation
- Un volume de crédits sociaux (hors cotisations) égal au moins à 5 % de la masse salariale, sur une assise réglementaire
- La possibilité d’accéder à un logement digne, proche du lieu de travail et dont le loyer soit compatible avec la rémunération ; le déploiement de moyens supplémentaires pour le logement d’urgence, notamment pour les retraité·es et les victimes de violences
- Un relèvement régulier des plafonds pour l’accès aux prestations ; une revalorisation annuelle des prestations au moins égale à l’inflation
- La mise en place de chèques cadeaux à hauteur de 100 euros minimum en fin d’année à destination de tous les personnels en fonction du quotient familial
- Une augmentation de la participation des employeurs à la restauration collective et une revalorisation de la PIM ; en son absence, la mise en place de titres restaurant avec une contribution de 60 % dont le montant doit être augmenté annuellement au maximum de la limite d’exonération URSSAF quand cela n’est pas le cas
- Une prise en charge à 100 % des abonnements de transports en commun et des moyens de déplacement écologiques ; la remise en place de la prime de chaussures pour les déplacements à pied (minimum deux paires par an)
- Une protection sociale complémentaire ambitieuse couplant santé et prévoyance pour les actives et actifs et les retraité·es, avec un financement employeur minimum de 50 % pour les actives et actifs et une solidarité familiale et intergénérationnelle effective
- L’amélioration de l’accès et le renforcement des droits spécifiques aux aidantes et aidants (aménagements de temps de travail, allocations…)
- La mise en œuvre d’une aide renforcée en faveur des personnes en situation de handicap
- Le renforcement de l’aide à l’enfance (développement des solutions de garde d’enfants et prise en charge des frais, prise en considération des horaires atypiques pour la garde d’enfants). Ainsi qu’une aide à la scolarité et au périscolaire
- Le droit général aux vacances avec le développement d’un tourisme collectif, social, solidaire, associatif et culturel, favorisant la mixité, l’environnement, ainsi que l’émancipation des personnels
- Un droit d’accès aux pratiques sportives pour toutes et tous tout au long de l’existence, en subventionnant les abonnements aux structures à hauteur minimum de 75 %. La pratique sportive, source d’émancipation, de lien relationnel et collectif, ainsi que d’une meilleure santé doit être valorisée
