Alerte sur la rentrée étudiante au ministère de la Culture : un pays qui maltraite sa jeunesse prend des retards d’avenir !

20 août 2026 - par CGT-Culture

La CGT-Culture s’associe aux étudiantes et aux étudiants pour dénoncer une politique mortifère qui attaque frontalement les valeurs universalistes et républicaines d’accès aux savoirs. Après 10 ans de macronisme, selon un rapport de l’Union nationale des étudiants de France dont la presse quotidienne s’est fait l’écho le coût de la vie étudiante a bondi de 35 %.

L’augmentation continue du coût du logement, de l’alimentation, des transports, des frais d’inscription et de la contribution à la vie étudiante aggrave d’année en année les conditions d’accès à l’enseignement supérieur des jeunes adultes en France.

Assumant le choix de la précarité étudiante, l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) préconisent dans la « Revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales »  du 14 août 2026 d’intégrer les ressources des parents dans le calcul des Aides personnelles au logement étudiantes (APL étudiantes), alors qu’actuellement seuls les revenus propres de l’étudiant sont retenus.

Dans le même temps, la part des élèves boursiers ne cesse de diminuer. A la rentrée de 2025, seuls 35,8 % des étudiants étaient boursiers, chiffre le plus bas depuis 2015, alors que selon la Dares un étudiant sur deux est obligé de travailler pour financer ses études. Situation d’autant grave que les montants versés aux boursiers s’échelonnent entre 145 € et 633 € par mois alors que le seuil de pauvreté est fixé par l’INSEE à 1288 € par mois c’est à dire le coût moyen mensuel de la vie étudiante.

Les étudiants étrangers extracommunautaires, qui ont perdu les aides personnalisées au logement et subissent de plein fouet les frais d’inscriptions différenciés, sont doublement victimes de ces politiques austéritaires et discriminatoires.

Les étudiant·es ne doivent pas devenir une variable d’ajustement budgétaire. Si l’État français manque de ressources qu’il impose les ultra-riches.

Pour la CGT-Culture et ses syndicats, l’enseignement supérieur public et la recherche constituent un vecteur d’émancipation et de transformation sociale. À ce titre, l’accès aux études et à la recherche doit être facilité pour toutes et tous afin de garantir une réelle égalité des chances.

Notre ministère qui ne compte pas moins de 21 écoles d’architecture et 44 écoles d’art et de design, auxquelles faut-il ajouter les conservatoires de musique et de danse de Paris et Lyon et le conservatoire national d’art dramatique, mais aussi dans le champ patrimonial, l’École du Louvre ou encore l’Institut national du patrimoine et l’École nationale des chartes, et dans celui du cinéma la FEMIS- soit quelque 37 000 étudiants -, est directement concerné par cette alerte sociale.

Quelle sera la réponse de la ministre à ces dizaines de milliers d’étudiants dont les conditions d’études et de vie ne cessent de se dégrader avec les conséquences que l’on connaît hélas, et qui sont en l’occurrence parfaitement documentées, sur leur santé physique et mentale et le taux de réussite aux examens ?

Cette question n’est pas un marronnier de rentrée mais bel et bien un sujet politique majeur dont la ministre et son cabinet doivent s’emparer très concrètement et urgemment. Un pays qui maltraite ainsi sa jeunesse est un pays qui prend des retards d’avenir.

La CGT-Culture soutient pleinement les étudiants et leurs organisations dans la lutte pour la mise en place d’un statut social étudiant permettant l’ouverture de droits pour tou·te·s.