Ces dernières années, la pression sur les emplois et le financement de la culture et des médias n’a cessé de s’accroître avec des baisses de moyens en loi de Finances tant pour l’État que pour les collectivités, des mises en réserves en début d’exercice, des annulations de crédits budgétaires, des gels et surgels en cours d’année.
Déjà en 2026, 172 postes a minima ont été supprimés au sein du ministère de la Culture et de ses opérateurs. Avec le plan d’austérité annoncé par le gouvernement pour l’année 2027, nous risquons à nouveau des centaines de suppressions d’emplois – singulièrement dans l’audiovisuel public et dans tous les autres secteurs de la création avec des milliers d’heures de travail en moins pour les artistes et technicien·nes intermittent·es du spectacle, et une perte d’activité pour les artistes auteur·rices déjà très précaires.
Cet été, la canicule, les incendies et les intempéries ont conduit à une importante détérioration des conditions de travail de l’ensemble des travailleur·euses de la culture et à l’annulation de milliers d’engagements d’artistes sans aucune compensation.
Dans tous les services publics de la culture et au sein de l’ensemble des professions concernées, tout le monde vit ce coup de frein de l’activité comme une attaque violente, avec de graves conséquences sur les conditions de travail, les missions et les situations sociales.
La précarité statutaire (CDD, temps incomplets, indépendant·es, artistes-auteur·rices) et sociale (salaires en deçà des qualifications, gel du point d’indice) s’accroît et des filières entières se paupérisent : spectacle vivant, arts visuels, enseignements artistiques, patrimoine, presse et audiovisuel, etc. Certain·es travailleur·euses gagnent moins que le SMIC, doivent avoir plusieurs emplois, tandis que d’autres rament pour avoir droit au chômage !
En outre, le déploiement massif d’outils d’intelligence artificielle menace l’emploi et des filières métier entières (journalisme, doublage, régie, bibliothéconomie, graphisme, médiation, création musicale, littéraire, cinématographique, etc.) et compromet clairement la création humaine et le respect des droits d’auteur et droits voisins.
A l’heure où le « projet culturel » de l’extrême droite accroît son emprise – diffusant son idéologie réactionnaire à travers des pans entiers de nos secteurs (empires Bolloré et Stérin), imposant la censure dans des municipalité RN, gangrénant l’audiovisuel public – une nouvelle baisse dans les emplois et les budgets du service public culturel (état et collectivités) serait un désastre.
- Parce que la culture, la presse et des médias libres constituent le socle citoyen d’une société informée, émancipatrice, ouverte au partage et à l’expression des diversités,
- Parce que nous voulons vivre dignement et décemment de nos métiers,
- Parce que le gouvernement et la ministre de la Culture doivent répondre au besoin de démocratisation et de démocratie culturelle au lieu de l’entraver,
Nous exigeons :
- Une hausse significative des budgets de la culture et des médias, des emplois et des salaires, la reconnaissance des qualifications professionnelles ainsi que le retour à un financement par la puissance publique non déguisé par les dépenses fiscales
- De faire de la compétence culture une compétence obligatoire pour l’ensemble de son champ au sein des collectivités territoriales
- Une loi d’orientation et de programmation pour la Culture basée sur une large concertation avec les travailleur·euses de la culture, les associations, les citoyen·nes, les institutions et les collectivités afin d’élaborer des politiques publiques transversales et horizontales, inscrites dans le temps long et respectueuses de la démocratie sociale et culturelle
- Le refinancement du Fond d’aide à l’emploi pérenne dans le spectacle et la refonte de son décret
- Un plan d’investissement d’urgence pour l’adaptation des locaux de travail et des bâtiments du service public culturel face aux conséquences du réchauffement climatique, avec une réflexion sur l’adaptation des missions, ainsi que des négociations systématiques dans les différentes branches et la mise en place d’une caisse intempérie garantissant le versement des salaires en cas d’annulation de spectacles ou de productions
- Une stricte régulation des outils d’IA respectant les droits d’auteur et droits voisins et la garantie du principe de non-substitution, l’IA ne devant en aucun cas remplacer l’humain
- Un soutien sans faille du ministère de la Culture aux libertés de création et de programmation
Défendons ensemble :
une société démocratique, des services publics forts,
une politique culturelle ambitieuse au service de l’émancipation des citoyen·nes,
une presse et des médias libres !
RDV le mardi 29 septembre dans les cortèges partout en France
Carte des mobilisations : https://carte.cgt.fr/carto/carte/29septembre/
À Paris le cortège partira à 14h Place de la République
Le 25 septembre 2026
