Il y a presque un an, le 2 juillet 2025, nous connaissions une vague de chaleur sans précédent. La CGT-Culture portait auprès du ministère un droit d’alerte pour danger grave et imminent en raison d’un risque mortel lié à la canicule dans l’ensemble des structures publiques et privées du ministère.
Un an après, alors que nous entrons dans une deuxième vague de chaleur qui a entraîné la mort d’un jeune homme de 19 ans sur un chantier privé, le ministère et ses structures ne semblent toujours pas prendre la mesure de la gravité des risques (du coup de chaleur au décès). Les prévenir ne consiste pas seulement à attendre patiemment les alertes préfectorales où encore à diffuser des consignes générales.
A ce jour, peu de formations spécialisées en santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT) locales se sont réunies pour anticiper ces risques. Peu de documents uniques d’évaluation des risques ont intégré le risque climatique. Ces outils sont pourtant la clé d’une adaptation des réalités de travail des personnels dans un contexte de forte chaleur, mais aussi la meilleure façon d’éviter des préconisations trop souvent hors-sols et difficilement applicables.
Travailler sous une verrière, dans des locaux surchauffés ou en extérieur, porter une tenue de travail trop épaisse et sombre, ne pas pouvoir prendre de pause régulièrement pour aller se rafraichir car le sous-effectif ne le permet pas… sont autant d’exemples qui encore aujourd’hui perdurent et menacent la santé des agent·es.
Dans ce contexte nous demandons à l’administration du ministère d’appeler l’ensemble de ses services, établissements, opérateurs à :
- La fermeture anticipée des sites et/ou la réduction du temps de travail, y compris et surtout dans les établissements publics. Même si le code du travail ne fixe toujours pas de température maximale de travail, les températures actuelles ne sont tenables ni pour les agent·es ni pour les publics !
- La convocation de toute urgence de F3SCT exceptionnelles locales avec comme point à l’ordre du jour (a minima) la circulaire ministérielle de 2025 (cf pj)
- Mettre à disposition auprès des personnels le registre des dangers graves et imminents
- Transmettre à tous les personnels des coordonnées du médecin du travail de rattachement
- Informer l’ensemble des agent·es de leur possibilité de déclarer en accident de travail tous les évènements de santé survenus en raison de la canicule
- Informer l’ensemble des agent·es et particulièrement les vacataires recruté·es pour la période estivale, des mesures de prévention
- Mettre à jour ou créer (quand il n’existe pas) sans délai le DUERP en y incluant le risque d’exposition à des épisodes de fortes chaleurs
- Réaliser une réévaluation quotidienne des risques encourus par chacun·e des agent·es comme le préconise la circulaire canicule et en y associant les représentant·es des F3SCT
La seule priorité du ministère, dans un contexte caniculaire, doit être la santé de ses personnels et non la rentabilité à tout prix
Voir aussi Chaleur intense, canicule et travail des agents publics : les précautions prévues par la réglementation de la DGAFP
