Communiqué de presse de l’intersyndicale du CMN : GRÈVE ET MOBILISATION AU CMN LE 18 JUIN

17 juin 2026 - par Intersyndicale - SNMH-CGT

POUR GARDER L’ABBAYE DU MONT-SAINT-MICHEL AU CMN !

L’intersyndicale CGT-CFDT-SUD-FSU-UNSA-CFTC du ministère de la Culture a déposé un préavis de grève reconductible pour les agents du Centre des monuments nationaux (CMN) à compter du jeudi 18 juin 2026.

Le premier opérateur culturel de France mis en danger

Le Centre des monuments Nationaux gère et ouvre à la visite plus de 100 monuments nationaux propriété de l’Etat allant de la préhistoire au XX° siècle. Il repose sur un principe de péréquation solidaire : les recettes générées par les 5 monuments les plus visités (Arc de Triomphe, Abbaye du Mont-Saint-Michel, Sainte-Chapelle, Panthéon, Conciergerie) permettent l’ouverture d’une centaine de monuments sur l’ensemble du territoire, y compris dans des territoires ruraux où l’offre culturelle est faible. Ce réseau permet aussi la mutualisation des projets, des moyens, des savoir-faire et des bonnes pratiques. Ce sont aussi 1500 agents passionnés et investis qui contribuent à l’accueil de plus de 12 millions de visiteurs chaque année.

Aujourd’hui l’avenir du CMN est suspendu à une décision du Premier ministre

En effet, Sébastien Lecornu doit prendre une décision dans les jours qui viennent concernant le projet de transfert de l’abbaye du Mont-Saint-Michel à l’établissement public du Mont-Saint-Michel (EPMSM), l’avenant à la convention qui lie le CMN à l’EPMSM arrivant à échéance au 30 juin.

Si le ce projet devait aboutir, il mettrait en danger le fonctionnement du Centre des monuments nationaux et porterait gravement atteinte à son modèle économique. Il mettrait en danger l’ouverture au public, la conservation et l’entretien de plusieurs dizaines de monuments du CMN partout en France. Ce sont autant d’emplois et de projets culturels qui seraient menacés par ce projet.

Ce projet pourrait avoir des conséquences dramatiques :

  • Sur l’état des monuments nationaux que l’on souhaite transmettre aux générations futures ;
  • Sur les finances publiques, car l’Etat devra compenser la perte des ressources financières du CMN ;
  • Sur l’emploi et les conditions de travail des agents, plus de précarité, des effectifs non garantis, une forte pression pour augmenter la fréquentation des sites ;
  • Une hausse des tarifs du droit d’entrée pour absorber la charge financière.

C’est sans compter l’impact de ce transfert sur les territoires : emplois indirects, activités pédagogiques, tourisme etc. En effet, le Centre des monuments nationaux est parfois le seul opérateur à assurer la mission de service public culturel porté par l’État dans des territoires isolés et ruraux.

Un danger pour l’abbaye du Mont-Saint-Michel

En juillet 2025, la Cour des Comptes proposait plusieurs scenari au motif d’une rationalisation des services publics de l’État au Mont-Saint-Michel. Nous sommes inquiets de cette éventualité car ces scenari placent :

  • Sur un même plan deux établissements dont le périmètre de gestion est très différent ;
  • En opposition des investissements d’infrastructures d’une part (maintenance des équipements de transports, maintenance du barrage etc.), à des investissements patrimoniaux d’autre part (restauration du chevet de l’église abbatiale, aménagement d’un accueil depuis la croix de Jérusalem jusqu’à l’aumônerie etc.) ;
  • L’avenir de l’abbaye du Mont-Saint-Michel sur les traces du Domaine national de Chambord dont l’état alarmant du patrimoine, la dépendance au mécénat et la disparition progressive du statut d’agent public ne peuvent que nous inquiéter ;
  • L’avenir de l’abbaye du Mont-Saint-Michel dans des projections sans étude d’impact préalable et sans que la soutenabilité financière soit assurée. Cela fait peser un lourd tribut à la part prise sur les seules recettes de l’abbaye ; pour le fonctionnement mais également pour des investissements conséquents programmés par chaque établissement soit un total de 88 millions d’euros ;
  • L’abbaye dans une logique comptable qui minore la mission de service public, d’accueil du plus grand nombre, et d’un développement culturel et scientifique.

Nous demandons à la ministre de la Culture et au Premier ministre de :

  • Renoncer à l’actuelle convention, afin de redonner sa pleine gestion de l’abbaye au Centre des monuments nationaux et clarifier les périmètres et champs de compétences de chaque établissement sans exclure la coordination des services ;
  • Renoncer au projet de retrait de la gestion de l’abbaye du Mont-Saint-Michel du Centre des monuments nationaux ;
  • Garantir l’intégrité du modèle économique et culturel du CMN ;
  • Réaffirmer le rôle central du ministère de la Culture dans la définition de la politique patrimoniale nationale ;
  • Réaffirmer la place du Centre des monuments nationaux comme opérateur national de référence pour la conservation, la valorisation et l’ouverture au public du patrimoine monumental de l’État ;
  • Ouvrir sans délai une concertation transparente associant les représentants des personnels et les organisations syndicales.

Les agents du CMN ne sont pas seuls dans ce combat !

Depuis plusieurs semaines nous sommes de plus en plus nombreux à entrer dans l’action et à prendre position pour défendre le CMN. Ainsi la pétition en ligne a dépassé les 2600 signatures, de la même façon la mobilisation des agents de plusieurs monuments a permis de recueillir plus de 500 signatures papier de visiteurs. C’est une démonstration de l’attachement du public à notre établissement !

L’intersyndicale a également interpellé les élus : sénateurs, députés, maires sur le risque que fait peser le transfert de l’abbaye du Mont-Saint-Michel sur les monuments de leur circonscription. Six sénateurs ont écrit un courrier au Premier ministre pour soutenir le CMN et plusieurs députés en ont fait de même.

Opération « Monuments Morts » le 18 juin

L’intersyndicale appelle l’ensemble des agents du CMN à participer à la journée « Monuments morts » par la grève et la mobilisation ce 18 juin pour montrer à la ministre de la Culture et au Premier ministre que les agents du CMN ne laisseront pas démanteler leur établissement.

Partout en France les agents du CMN seront mobilisés pour sensibiliser le public à cette cause et faire signer la pétition.

A Paris les agents seront mobilisés à partir de 11h dans la cour de l’Hôtel de Sully !

Une délégation de l’intersyndicale sera reçue par le chef de cabinet de la ministre de la Culture à 16h30.