Cette dernière instance de la mandature est l’occasion pour la CGT Culture de remercier chaleureusement tous les acteurs de prévention au service de l’amélioration de la santé au travail au ministère de la Culture. Leur engagement quotidien est fondamental pour les collectifs de travail.
Nos remerciements s’adressent aussi aux collègues du bureau de la santé et sécurité au travail, bureau à vocation ministérielle, qui préparent et assurent le suivi de cette instance mais animent aussi le réseau de prévention. Ils sont une ressource fondamentale pour les acteurs de prévention en région.
Ces remerciements s’accompagnent d’alertes sur les situations de travail et la santé des agents. Elles ont été portées tout au long de notre mandat dans un climat social et économique de plus en plus dégradé.
Cette instance, comme les précédentes, sonne comme une urgence. Au nom de l’austérité budgétaire le gouvernement s’est lancé dans une chasse aux économies pour répondre aux seules exigences du capitalisme. Tout y passe : altération des conditions de travail, baisse drastique des effectifs, diminutions des moyens financiers…
En 2025, les ogres du grand capital en ont demandé plus et ont décidé de s’en prendre à la santé des personnels. Depuis, une série de mesures iniques ont été prises : limitation de la durée des prescriptions d’arrêt de travail à un mois pour un premier arrêt et deux mois pour une prolongation, augmentation des contrôles auprès des assurés et des prescripteurs, modification de la procédure de temps partiel thérapeutique, baisse de 10 % de l’indemnisation des arrêts maladie, les jours de carence…
Non seulement ces mesures entraînent des conséquences sociales et économiques durables chez les agents, mais en plus elles n’apportent aucune amélioration de l’état de santé des personnels dans et en dehors du travail. La faiblesse des évaluations des risques professionnels et des mesures de prévention, le difficile accès à une médecine générale ou spécialisée de proximité, la difficulté à financer des soins sont autant d’enjeux de santé publique qui ne sont absolument plus posés. C’est ainsi que les nouveaux défis tels que la santé mentale, chez les jeunes en particulier, la santé des femmes et notamment le congé de santé hormonale, les impacts environnementaux sur la santé comme les canicules ou encore les cancers, se retrouvent déprécier dans les choix politiques.
Mais ce que nous percevons clairement, y compris au ministère, c’est ce climat suspicieux et répressif autour des agents qui connaissent une problématique de santé et sont en arrêt. Cette vision rarement bienveillante (terme tant entendu au ministère) est particulièrement prégnante dans les conseils médicaux. Ces instances, à leur niveau régional, bafouent les droits et les principes d’égalité de traitement des agents. Récemment nous avons appris que serait appliquée une disposition, certes réglementaires, mais néanmoins dramatique, consistant à supprimer le versement du salaire si un agent ne se rendait pas au rendez-vous fixé auprès du médecin expert. Nous avons également été informés du projet de création d’une commission censée gérer les situations complexes pour les agents qui se retrouvent dans une situation psycho-sociale dégradée qui affecte leur bon maintien dans l’emploi.
Ces nouvelles dispositions internes nous inquiètent au plus haut point parce que nous pressentons que la suspicion et la méthode punitive vont devenir la règle. Nous le disons clairement, la CGT-Culture ne vous laissera pas emmener les collègues tout droit vers la précarité sociale et médicale.
La CGT-Culture revendique et revendiquera dans les années à venir :
- Notre association aux recherches de l’Anses sur la poly-exposition des archéologues et de l’INRS sur l’amiante
- D’initier des travaux sur la santé mentale, la santé des femmes et les incidences environnementales sur la santé de nos collègues
- De poursuivre plus efficacement la prévention des risques psycho-sociaux et la lutte contre les VHSS
- De réintroduire pleinement les impacts des outils numériques sur les conditions de travail des agents et notamment les outils d’intelligence artificielle
- De construire une culture de la santé au travail plus protectrice pour les personnels
