Emploi dans les ENSA-P et précarisation : la grande purge ? 

26 juin 2026 - par SNEA-CGT

La crise des ENSA-P n’en finit pas

Quand les coupes budgétaires actent l’absence de volonté politique

La réorganisation de l’enseignement supérieur culture au sein de la Direction générale de la démocratie culturelle, de l’enseignement et de la recherche (DGDCER), réalisée au forceps à l’automne 2025, s’était donné comme objectif d’assurer une meilleure visibilité à l’enseignement supérieur et la recherche culture. 

Hélas la seule chose visible après moins d’un an d’exercice ce sont les grandes difficultés au sein des écoles comme en administration centrale !

Il faut reconnaître que supprimer plus de 70 millions d’euros sur le budget est une bien curieuse manière de redonner de la visibilité à l’Enseignement supérieur et recherche culture ! La contrainte budgétaire exercée sur le Ministère et le programme 361 (Transmission des savoirs et à la démocratisation de la culture) est en train d’étrangler les écoles : quelle absence totale de compréhension des enjeux, de vision stratégique de l’emploi des enseignants et des chercheurs comme des personnels administratifs, techniques et scientifiques (ATS), et en réalité de volonté politique !

Alors que le plafond d’emploi des écoles est déjà trop bas et sans perspective d’amélioration, les écoles doivent maintenant subir une pression supplémentaire : le schéma d’emploi ministériel promet des suppressions de postes pour 2026 dans tout le ministère dont les ENSA-P, sans qu’on sache sur qui ça va tomber : ce sera la surprise de fin d’année ! Avec peu de perspectives de titularisation, nous assistons à l’effritement des équipes (ATS et enseignants), constat sur lequel nous alertons depuis 2018.

Dans chaque école un ou plusieurs services sont en très grande souffrance : les arrêts maladie et maternité non remplacés, le manque d’attractivité des écoles et les trop longs mois pour recruter… A la clé, ce sont des risques psychosociaux en cascade pour les agents qui portent des services au bout de la rupture.

Fin de contrat : toujours plus de précarité pour les écoles

Côté enseignant, malgré les avancées statutaires pour certains (décrets 2018/2023) et salariales pour d’autres (accord dit “Albanel” de mars 2025 pour les enseignants contractuels), les écoles grappillent des heures, mettent fin aux contrats et précarisant les agents pour limiter l’impact sur le plafond d’emploi.

Ainsi, plus aucun CDI n’est créé, et les CDD ne sont plus renouvelés, après 4 ou 5 ans de service (voire bien plus !). Combien de collègues à l’échelle de la France se trouvent subitement sans emploi ? Des dizaines au bas mot… Quel sursaut de la communauté des écoles face à cette situation ?

Afin de ne pas recruter en CDD, les écoles font un usage abusif des Intervenants extérieurs, précarisant l’agent et la mission, tout en augmentant la charge de travail pour les services scolarité, les services du personnel et les enseignants référents. Malgré l’engagement des Intervenants extérieurs, le résultat d’une telle politique ne peut conduire qu’à une baisse de la qualité pédagogique ! 

Cette fin d’année est marquée par une avalanche de cas de non-renouvellement de dernière minute, de non-remplacement, de notification de fin de contrats, tout ça sans vision stratégique à l’échelle des écoles, de la tutelle et au sein de la DGDCER. Le Ministère sort des guides et FAQ confidentiels pour les directions des écoles, sans discussion préalable avec les organisations syndicales. Ainsi, les personnels des écoles sont maintenus sciemment dans un flou juridique où leurs droits sont régulièrement bafoués. Ce ne sont pas les équipes des Ressources humaines de proximité, meurtries et surchargées, qui vont pouvoir accompagner ces agents. 

En ce mois de juin, les questions restent les mêmes qu’il y a un an : 

  • Quel corps enseignant pour assurer nos missions de service public de l’enseignement de l’architecture ?
  • Quel modèle économique et stratégique pour la formation et la recherche publique en architecture ?
  • Comment assurer la rentrée dans ces conditions sans mettre les agents en danger ?

Nous revendiquons : 

  • la création d’emplois de titulaires, ATS et enseignant en nombre suffisant pour porter la réforme des ENSA-P de 2018 et la création du statut d’enseignant-chercheur
  • l’augmentation du plafond d’emploi et des moyens financiers, entre autres pour la pérennité de l’accord “Albanel enseignant”
  • la reprise des négociation des accords Albanel pour les personnels ATS
  • l’arrêt du recours abusif des intervenants extérieurs