Après le Conseil des Études et de la Recherche, les enseignant·es ne vont pas au Conseil d’Administration !
Le 19 février 2026, les professeur·es du CER de l’ENSAD ont démissionné collectivement.
Le 4 mars, une assemblée générale intersyndicale s’est tenue à l’école. Près d’une quarantaine d’enseignant·es, des responsables d’atelier et des personnels administratifs y ont participé. Même la direction générale et les ressources humaines étaient présentes.
Une chose est claire : la colère est là. Beaucoup l’ont dit : l’enseignement n’est plus au cœur des priorités de l’établissement.
Des revendications claires. Les enseignant·es exigent :
- Le retrait immédiat de la référence « normative » à 448 heures dans les discussions sur le service
- La garantie écrite qu’il n’y aura aucune augmentation du “face étudiant·es” (pas de glissement de 360 h vers 448 h)
- Le respect des cadres contractuels existants (280 h / 360 h selon les situations)
- Le passage des contrats à mi-temps à temps plein
- Le maintien des ETP, notamment le remplacement des départs à la retraite
- L’abandon de la réduction de 20 % des vacations prévue pour la rentrée 2026
- Des conditions dignes pour le CER : du temps pour débattre et la possibilité pour les enseignant·es d’inscrire des points à l’ordre du jour
10 minutes de débat pour supprimer un poste ?
Lors du CER du 19 février, la disparition d’un poste d’enseignant devait être discutée… en 10 minutes.
10 minutes pour un emploi. Ce mépris est inacceptable.
Dans un contexte budgétaire présenté comme « contraint », la direction prépare en réalité une dégradation massive des conditions de travail :
- suppression de postes,
- réduction pouvant aller jusqu’à 20 % des intervenant·es,
- augmentation déguisée du temps de travail.
Toujours la même logique : travailler plus, avec moins de moyens. Les enseignant·es disent NON.
Et à l’université ?
Puisque l’ENSAD appartient désormais à PSL, rappelons une réalité : Dans les universités, le service d’enseignement correspond à :
- 128 heures de cours, ou
- 192 heures de travaux dirigés ou pratiques.
À l’ENSAD, les enseignant·es sont aussi des artistes, designers et professionnel·les en activité. Le temps consacré à leur pratique n’est pas un privilège : c’est la condition même de la qualité de l’enseignement. Affaiblir ce modèle, c’est affaiblir l’école.
L’école ne fonctionnera pas sans ses enseignant·es
Pour toutes ces raisons, les enseignant·es ont voté leur absence au Conseil d’administration du 5 mars.
Un signal clair.
Nous refusons la suppression de postes, la dégradation des conditions de travail, la remise en cause du modèle pédagogique de l’école.
RESTONS VIGILANT·ES, MOBILISÉ·ES ET UNI·ES
Paris, le 6 mars 2026
CGT-Culture, Léna-CGT, CFDT-Culture
