Journée mondiale de lutte contre les LGBTQIA+ phobies : 17 mai « au cœur de la démocratie »

15 mai 2026 - par CGT-Culture

À l’heure où l’internationale réactionnaire tente d’imposer son idéologie rétrograde, l’ensemble des discriminations s’accentuent, et notamment celles à l’égard des personnes LGBTQIA+. Dans son Rapport sur les LGBTIPHOBIES 2026, SOS homophobie « constate un climat politique et social réactionnaire qui ne cesse de prendre pour cible les personnes LGBTI. Le mal de vivre suscité par la banalisation des discours de haine renforce les dynamiques d’exclusion subies par les personnes LGBTI et brise le tissu social ». Idem pour le Baromètre LGBTQIA+ 2026 de l’Autre Cercle dans le cadre du travail : « les actes hostiles bondissent de plus de 8 points. […] Ce constat ne peut être dissocié d’un contexte international où les discours anti-genre et les stratégies de désinformation s’intensifient, ciblant particulièrement les personnes trans et non binaires ». Dans sa nouvelle édition de la Rainbow Map 2026, l’European Region of the International Lesbian and Gay Association (ILGA-Europe) confirme que l’Europe est profondément inégale : les droits progressent de manière très variable selon les contextes politiques des pays et la continuité des réformes engagées.

La première journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie ou IDAHO (International Day Against Homophobie, devenue ensuite IDAHBIT) s’est déroulée le 17 mai 2005 à l’initiative de l’intellectuel martiniquais Louis-Georges Tin, pour célébrer la décision de l’OMS de retirer l’homosexualité de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990. Cette journée rassemble les revendications mondiales des diversités sexuelles et de genre, de lutte contre les discriminations et l’accès à de nouveaux droits. Cette année, le mot d’ordre est « Au cœur de la démocratie » et l’enjeu que la France soutienne la résolution d’une dépénalisation mondiale de l’homosexualité.

À l’échelle européenne, une initiative citoyenne visait à interdire les pratiques de conversions, à sanctionner les auteurs et reconnaître les victimes. Qualifiées d’actes de torture par les Nations Unies, ces pratiques dégradantes et inhumaines ont des incidences multiples y compris en ce qui concerne l’accès et le maintien dans l’emploi des salarié·es. Au prétexte « d’empiéter sur les prérogatives des États membres », la Commission Européenne a décidé de ne pas interdire ces « thérapies de conversion », s’engageant simplement à présenter un texte en 2027 recommandant aux 27 pays de l’UE de bannir ces pratiques…

En France, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) a récemment pointé les nombreuses insuffisances du Plan gouvernemental dans son Évaluation du plan national pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2023-2026 : seules 20% des mesures sont pleinement mises en œuvre ; l’absence de dispositifs pour l’asile des personnes LGBTQIA+ ; le manque de mesures favorisant la mise en œuvre des séances d’EVAR/EVARS pour les élèves ; l’invisibilisation des personnes lesbiennes, bisexuelles et pansexuelles ; la dégradation des relations entre l’État et les associations ; une prise en compte insuffisante de la situation des personnes intersexes ; et la faiblesse des mesures visant à combattre la haine et les discriminations à l’encontre des personnes trans. La signature par le gouvernement d’une charte d’engagement visant à freiner les guet-apens homophobes intervenue après l’avis de la CNCDH est non seulement insuffisante, mais s’avère en plus dangereuse pour les personnes concernées. Elle prévoit notamment la conservation et la transmission éventuelle de conversations aux forces de l’ordre, y compris après la « suppression des profils ».

Or, il y a urgence à agir. L’Autre Cercle constate une nette augmentation dans les entreprises des discriminations et agressions à l’encontre des salarié·es LGBTQIA+, ou encore des malaises des salarié.es non concerné.es vis- à-vis d’un coming out, alors que « là où les politiques Diversité, Équité et Inclusion (DEI) sont actives, la visibilité progresse et l’épanouissement au travail se renforce ».

La prévention des discriminations LGBTQIA+ ne peut se limiter à des actions de sensibilisation et de formation. Elle nécessite des moyens supplémentaires pour les organisations syndicales qui constituent souvent le premier point d’appui des salarié·es et agent·es victimes de discriminations, un renforcement des obligations des employeur·ses ainsi que l’amélioration de l’accès aux droits, ou encore d’intégrer la prévention des discriminations et violences LGBTQIA+phobes dans les politiques de prévention des risques psychosociaux et dans les démarches de santé au travail.

Paris, le 15 mai 2026