La foire INRAP de l’emploi : la précarité, ce n’est pas une carrière !

22 juin 2026 - par Intersyndicale - SGPA-CGT

Le plan de 30 recrutements externes annoncés en 2025 et dont le résultat devrait être donné au début de l’été est très éloigné des besoins réels de l’établissement et de la réalité de nos missions. En lieu et place d’une politique d’emploi sur le long terme, on assiste à la multiplication des formes de précarité.

Pour rappel, l’année 2025 marquait la dégradation de l’emploi CDI, avec la perte de 14 personnes. La chute libre des CDD avec 97 ETPT en moins (97 emplois d’1 an ou 194 de 6 mois). L’apprentissage, pour sa part, est en hausse constante. En 2026, près de 35 apprentis en personne physique sont déjà annoncés.

Le plafond d’emploi de l’Inrap est désormais porté à 1993 ETPT en 2026 contre 2050 ETPT en 2019. La trajectoire emploi, comme aime l’appeler l’administration, est loin d’être claire et ne fait l’objet d’aucune discussion sérieuse ni au sein de l’Inrap, ni avec les tutelles. Le ministère de la Culture pilote une réduction de l’effectif global, dite « schéma d’emploi » terme purement technocratique qu’il faut traduire par la dégradation de l’effectif et des statuts.

A l’Inrap, tous les agents (ou presque) savent ce que veut dire précarité.

Nos collègues en CDD continuent à aller d’un contrat à l’autre, souvent courts, baladés au gré de chantiers qui peinent à avoir des effectifs complets… On a tous connu ça, certes, mais le temps passé en CDD s’allonge en même temps que s’éloigne la possibilité d’un emploi stable, de pouvoir s’installer durablement quelque part, sans l’épée de Damoclès de la perte d’emploi au-dessus de la tête.

Les « réformes » des droits au chômage, adoptées ces dernières années rendent les périodes de carence plus difficiles, l’allocation de retour à l’emploi plus faible, sa durée plus courte, enfonçant un peu plus nos collègues dans des situations aggravées par l’inflation.

Aujourd’hui être en CDD c’est être payé au Smic, voire en dessous puisque la dernière élévation du Smic en mai 2026 place les catégories d’entrée, de la grille salariale Inrap, en dessous de ce dernier. C’est pas Zola, mais à l’image des mineurs de Germinal, les têtes qui dépassent trop chez les précaires, se retrouvent « blacklistées », parfois déclassés dans les plans de recrutement et doivent aller chercher du travail ailleurs. Nos collègues doivent parfois envisager l’exode pour continuer à faire leur métier. Nombre de CDD hier, employés en GO, sont aujourd’hui en Allemagne, à faire des journées de 10 heures avec une protection sociale limitée.

CDD Courts, CDD longs : une précarité à deux vitesses.

Comme l’a récemment dénoncé un tract CGT de PACA, les CDD sont aussi ceux qui galèrent à faire respecter leurs droits, surtout s’il s’agit des techniciens. En ligne de mire, les durées courtes de contrat, les contrats qui se terminent le vendredi et non le dimanche, ceux qui se terminent le 10 décembre pour ne pas couvrir les périodes de fermeture obligatoire, le respect de leurs droits à la protection sociale. Les chantages à l’adresse remontent régulièrement. On a vu surgir à la fin du mois de mai, comme en 2021, le non-versement du salaire de collègues en CDD.

Quelques agents bénéficient de contrats CDD longs de 2 ou 3 ans. D’abord utilisés pour la filière administrative, la pratique s’étend maintenant à la filière scientifique et technique. Ne nous leurrons

pas, ces CDD longs sont une façon de contourner l’absence de recrutements en CDI. Ces largesses ne s’étendent d’ailleurs pas aux techniciens. Pour la plupart, les contrats morcelés et multipliés sont toujours la règle. On fait le choix de la précarité et de la stratégie de délestage en cas de

« retournement de marché ». On rappelle que l’âge moyen des CDD à l’Inrap est de 35 ans, pas exactement l’âge de l’insouciance.

Un recours à l’apprentissage sans concertation ni cadre clair !

Le développement de l’apprentissage se fait à l’Inrap sans qu’aucune discussion n’a été mise en œuvre entre l’administration et les représentants du personnel. Là aussi, c’est à géométrie variable à la discrétion du siège ou des directions. Outre que nous n’avons aucune lisibilité sur les postes d’apprentis ouverts, il semble que ces derniers viennent régulièrement pallier l’absence de recrutements en CDI.

L’apprentissage, dispositif de formation visant l’acquisition de compétences dans un cadre pédagogique, est un outil qui doit être déployé de manière raisonné en veillant à une articulation mesurée avec les autres formes d’emploi. Les CDD s’inquiètent légitimement puisque tout semble montrer que le déploiement de l’apprentissage en filière scientifique et technique se fait à la petite semaine, dans la précipitation, ressemblant à une mise en concurrence des différents types de précarité. Dans quel cadre se déploie l’apprentissage ? Auprès de quelles universités ? Quel est l’avenir des apprentis dans l’Institut une fois l’apprentissage terminé ? Auront-ils un accès favorisé aux postes ouverts en CDI face à des CDD. L’apprentissage mis en place à la va comme je te pousse s’accompagne-t-il d’un respect strict du droit des apprentis ? Certainement pas !

Quand on sait que certains se sont vus refuser la prise en charge de leurs déplacements. Tout semble indiquer que l’Institut n’est pas dans une logique de formation, mais bien en train de répondre à des besoins structurels par le biais de contrats temporaires et moins rémunérés ! L’absence de communication sur le rôle et les moyens donnés aux maîtres d’apprentissage témoigne de la légèreté avec laquelle l’Institut s’inscrit dans ce nouveau rôle d’accompagnement à la formation.

L’Inrap a un besoin crucial de recrutements externes pour faire face aux enjeux de la décennie à venir ! L’absence de planification de l’emploi permet toutes les formes de dérégulations.

Nous demandons :

  • Des recrutements réguliers,
  • Des emplois pérennes,
  • Que cessent toutes les formes de précarité.
  • Le respect des droits des agents en CDD !
  • Une concertation sur l’apprentissage
  • Une gestion de l’emploi sur le long terme, en faveur des missions de Service Public de l’Archéologie !

Le 22 juin, l’intersyndicale CGT/FSU/SUD

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