LA CGT ENGAGE TOUTES SES FORCES DANS LA BATAILLE !
Cette semaine, c’est par voie de presse que nous apprenons que le Premier ministre prendrait une décision imminente qui acterait le transfert de l’abbaye à l’établissement public du Mont-Saint-Michel (EPMSM). La CGT-Culture et la CGT CMN ont immédiatement réagi en publiant un communiqué (lien) expliquant pourquoi ce transfert serait une catastrophe pour le CMN mais également pour le patrimoine et les agents de l’abbaye.
Sans les recettes de l’abbaye c’est 110 monuments nationaux qui seraient mis en péril !
En effet, cette décision pourrait mettre en danger l’ensemble des monuments et services du CMN en l’amputant de l’un de ses cinq monuments nationaux contributeurs au système solidaire de péréquation financière. L’abbaye du Mont-Saint-Michel représente à elle seule plus de 15% des recettes de l’établissement : son départ mettrait un coup d’arrêt fatal à un nombre significatif de projets d’entretien, de restauration et de développement culturel portés par le CMN, premier établissement public culturel français avec plus de 13 millions de visiteurs par an dans 110 monuments nationaux. Cela compromettrait l’ouverture, l’entretien et l’exploitation de dizaines de monuments ruraux allant complétement à rebours du projet de « National Trust à la française » qui a fait du CMN le porte-drapeau de la préservation du patrimoine national.
L’exemple de Chambord et de sa faillite patrimoniale illustre le danger que ferait peser cette décision sur un monument phare du patrimoine mondial de l’humanité. Par ailleurs, c’est un nouvel exemple de l’offensive de l’extrême droite sur le terrain culturel puisque le Puy-du-Fou s’est déclaré prêt à reprendre la gestion de Chambord (lien). Le Mont n’est pas à l’abri de ces tentatives d’influence de l’extrême droite sur les grands établissements culturels via notamment le mécénat des milliardaires Bolloré et Stérin. Nous savons que le Mont-Saint-Michel va être confronté à un « mur » d’investissements dans les dix prochaines années avec un besoin de financement de près de 60 millions d’euros. Dans le contexte d’un État réduisant ses financements cela expose très fortement le Mont Saint-Michel à cet écueil.
Une tentative de main basse sur le patrimoine de la Nation par un quarteron d’élus locaux
Cette décision n’est pas inattendue : en effet, une campagne d’influence est organisée depuis des années par des élus locaux et le directeur de l’EPMSM pour servir leurs intérêts politico-financiers au détriment du patrimoine et de l’intérêt général. Ce qui est plus inattendu, c’est le silence assourdissant et l’absence de prise de position de la ministre de la Culture, car jusqu’à présent TOUS les ministres de la Culture s’étaient positionnés en faveur du CMN dans cet arbitrage.
C’est pourquoi la CGT-Culture et la CGT CMN réunies en congrès cette semaine ont unanimement décidé de mettre toutes leurs forces dans la bataille pour que l’abbaye du Mont-Saint-Michel reste au CMN en commençant par le boycott de toutes les instances de dialogue social au ministère de la Culture et au CMN. Dès la semaine prochaine la CGT Culture et la CGT CMN mettront en place des actions en cherchant l’unité syndicale la plus large : nous aurons besoin de toutes les forces disponibles pour établir le rapport de force avec Matignon.
Préparons-nous toutes et tous à nous mobiliser pour défendre le service public et ses valeurs : L’abbaye du Mont Saint-Michel restera au CMN ! Ils ne passeront pas !
Paris, le 23 mai 2026

