La commission d’évaluation (CE) est l’instance chargée des questions relatives à la carrière des Professeurs des écoles Nationales d’Art (PEN). Compétente en matière de changement de grade, de titularisation, consultée sur les demandes de congé étude et recherche (CER), cette instance est un instrument indispensable à la gestion statutaire du corps des PEN.
Cette CE est renouvelée tous les 4 ans.
Interrogé par plusieurs enseignants, inquiets de ne pas recevoir l’information habituelle sur la campagne des congés pour études et recherche habituellement annoncée mi-février, le Ministère s’est finalement réveillé… le 19 mars pour annoncer que de nouvelles élections étaient nécessaires, le mandat des actuels élus étant arrivé à échéance … le 12 janvier 2026 !
Un premier courriel annonce en effet le démarrage du processus électoral de renouvellement de la CE avec un scrutin annoncé pour le 1er juin. Faisant suite aux questions du LENA CGT-Culture, un deuxième courriel indique que le mandat de l’actuelle délégation est prorogé jusqu’au premier juin, permettant notamment de traiter les dossiers de demande de CER, Ouf !
Les circonstances saugrenues de ce renouvellement de la CE ne manquent pas de nous interroger :
- Le lancement tardif de la procédure électorale est-il la conséquence d’un simple oubli lié à la mise en place récente de la nouvelle direction générale de la démocratie culturelle, de l’enseignement et de la recherche : DGDCER ?
- Autre hypothèse plus inquiétante : le Ministère avait-il l’intention de laisser péricliter cette instance et avec elle le principe de la sélection annuelle par cette dernière des CER – comme il l’a fait auparavant de la Commission nationale de concertation des écoles, privant celles-ci de leur instance de réseau ?
- Que serait-il advenu de la CE et des CER de l’année si les agents ne s’étaient pas inquiétés ?
Quelle que soit l’hypothèse retenue pour expliquer ce cafouillage, celui-ci démontre que la démocratie sociale dans les Ensarts n’est pas la priorité du Ministère.
C’est un très mauvais signal envoyé par la nouvelle direction DGDCER, parfaitement dissonant avec les discours volontaristes et ambitieux tenus notamment au CNESERAC : la situation des Professeurs des écoles nationales d’art et de design et la possibilité pour eux de faire de la recherche dans leurs écoles est de moins en moins la priorité du Ministère.
Nous dénonçons depuis longtemps les mauvais traitements dont est victime le corps des PEN. Leur régime indemnitaire qui n’a pas évolué depuis 2004 est équivalent à un quart de celui, pourtant pas mirifique, de n’importe quel agent de catégorie C. Soumis à une charge de travail ne cessant d’augmenter, ce corps est systématiquement écarté de toutes les négociations salariales et — faute de concours de recrutement depuis 2016 — voué à une disparition certaine et rapide.
Plutôt que de faire la peau du corps des PEN, nous demandons l’ouverture de négociations pour ce corps !
Paris, le 30 mars 2026
