En cette fin janvier, il est encore temps de souhaiter une année noire à tous les milliardaires, grands actionnaires et réactionnaires de cette planète.
Quand on voit le malheur dans lequel les plonge la simple évocation d’une petite taxe Zucman, ils hurleront à la mort lorsqu’on ira chercher leur superflu pour le rendre à celles et ceux qui n’ont pas le nécessaire.
Qu’ils se rassurent ! Nous les respectons en tant que personne humaine et n’avons aucune intention de menacer leur intégrité physique MAIS, si l’on veut répondre efficacement aux enjeux sociaux, de paix, d’environnement, de justice sociale et d’égalité qui sont devant nous, alors nous allons devoir les détruire… en tant que classe sociale.
Alors que se termine le Forum de Davos, l’association Oxfam publie son rapport 2026 qu’elle a intitulé Résister au règne des plus riches : Défendre la liberté contre le pouvoir des milliardaires. On y apprend qu’aujourd’hui :
- les 12 individus les plus riches du monde gagnent plus que la moitié de l’humanité la plus pauvre
- La fortune cumulée des 3 000 milliardaires a bondi de 16% en 2024, soit de
2 500 milliards de dollars
Pour éradiquer la faim dans le monde, pour que chacune et chacun sur cette planète ait accès à l’eau potable, à un système de santé et à des infrastructures sanitaires, à la sécurité d’un logement, à un système d’éducation, il suffirait d’appliquer à l’augmentation de la fortune des milliardaires une taxe de 2,6%. Une broutille !
Avoir comme objectif d’éradiquer la faim et l’illettrisme dans le monde fait vite passer pour de doux rêveurs et rêveuses. Ce que nous démontre le rapport de l’Oxfam n’est pas la naïveté de celles et ceux qui veulent essayer, mais la couardise de celles et ceux qui y ont renoncé.
En France, nous avons 53 milliardaires qui gagnent en moyenne le SMIC… toutes les minutes, jour et nuit.
En France, les 500 fortunes les plus riches possédaient 20% du PIB en 2017 et aujourd’hui elles en possèdent 45% (soit 1 200 Milliards d’euros).
S’agissant de l’accord de libre-échange UE-Mercosur, Emmanuel Macron était POUR, mais il a voté CONTRE après s’être assuré que le POUR l’emporterait. En effet, le 9 janvier 2026 les États membres de l’Union européenne ont donc approuvé l’accord, qui va :
- accélérer la déforestation, aura des effets catastrophiques sur la biodiversité et les populations locales
- faire produire davantage de poulets à 11 000 km de l’endroit où ils seront consommés
Mais les eurodéputé·es ont voté le 19 janvier en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’UE qui pourrait retarder la validation du traité par le Parlement européen de près de deux ans.
En France, Emmanuel Macron prépare la guerre :
- augmentation du budget des armées de 36 milliards d’euros pour la période 2026/2030
- nouvelle base militaire et centre d’excellence spatiale de l’OTAN à Toulouse
- préparation des hôpitaux à anticiper l’arrivée de plusieurs 10aine de milliers de soldats blessés
- militarisation de la jeunesse en rétablissant le service militaire sur volontariat, en rallongeant le dispositif des « classes défenses » et en introduisant dans les Universités des conférences ou dispositifs en faveur de la sécurité et de la défense.
La Sorbonne consacre un cycle 2026 sur les Révolutions et changements en cours dans les affaires militaires et avait invité le Général Mandon à une conférence le 26 janvier sur la sécurité nationale et les libertés publiques en 2026. Ce même Général qui déclarait au congrès des maires de France que « si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, […], alors on est en risque ». Même si sa venue est reportée, un rassemblement est prévu lundi 26/01 à 17h place de la Sorbonne pour contester le budget de guerre et défendre le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Cette stratégie belliciste s’inscrit dans le contexte d’invasion de l’Ukraine par la Russie et des velléités impérialistes des Etats-Unis depuis l’opération militaire américaine au Venezuela ainsi que des nouvelles menaces que fait peser Donald Trump sur la Colombie, Cuba, le Mexique et le Groenland, illustrant l’affirmation de la loi du plus fort comme seule norme des relations internationales, dans la pure tradition de l’extrême droite. De fait, le Conseil de la Paix voulu par Trump ne serait qu’un outil pour imposer cette norme et déroger au droit international et aux institutions de l’ONU.
Entre des 49.3 utilisés pour faire adopter un budget de l’État régressif et des motions de censure, les député·es devaient examiner jeudi une proposition de loi s’attaquant au 1er mai, dénoncée de manière unitaire et lors d’un rassemblement à l’appel de la CGT, Solidaire et la FSU qui a réuni plusieurs centaines de personnes. L’Assemblée nationale ne s’est pas prononcée faute de temps, mais il est clair que nous continuerons de nous faire entendre pour qu’elle rejette cette proposition qui remet en cause le seul jour obligatoirement férié et chômé, symbole universel des luttes des travailleuses et travailleurs.
Si la période que nous traversons est riche en luttes sociales et environnementales dans les services publics et dans les entreprises, elle l’est également en termes d’attaques contre les libertés publiques et notamment syndicales :
- 5 dirigeant·es de la CGT sont ou ont été visé·es par une procédure judiciaire depuis 2023
- des centaines de militant·es sont inquité·es (voire harcelé·es ou réprimé·es) chaque jour dans le cadre de leur activité syndicale
Cette répression est bien le fruit de l’extrême-droitisation des lieux de pouvoir de la société, et en particulier du grand patronat.
Ce qui nous ramène à nouveau à nos vœux et à nos milliardaires qui font preuve d’une solidarité internationale exemplaire pour défendre leurs intérêts : Ils fêtent cette année les 25 ans du réseau Atlas dont les Trump, les Milei, les Orban et les Meloni sont les plus belles progénitures. Une internationale réactionnaire ayant produit l’impérialisme exacerbé qui caractérise la période que nous vivons et la diplomatie de l’humiliation qui régit les relations internationales. Nous conseillons la lecture du rapport de l’Observatoire des multinationales Le réseau Atlas, la France et l’extrême-droitisation des esprits et son article synthétique.
Cette internationale fasciste est loin, très loin d’avoir remporté la bataille parce que les résistances et la lutte des classes s’organisent partout, aux États-Unis, en Iran, au Venezuela, au Groenland, en Chine, en Inde, en Italie, en France, en Hongrie, en Russie, en Ukraine, en Palestine…
Nous souhaitons à tous ces peuples en lutte le meilleur collectivement pour les conquêtes sociales et d’écraser la réaction partout où elle se trouve !
La victoire est au bout de la lutte !
Paris, le 26 janvier 2026
