Lutte contre les discriminations

28 juillet 2026 - par CGT-Culture

Toute discrimination découle d’un processus de domination. Le combat syndical de la CGT est de lutter contre toutes ces formes : sexisme, racisme, validisme, antisémitisme, islamophobie, LGBTIQIA+phobie, âgisme, classisme, grossophobie…

Les discriminations ont non seulement pour effet d’écarter de leurs droits les personnes qui y sont soumises, mais, n’étant pas figées, ont aussi la particularité de se transformer en permanence en s’entrecroisant et en se renforçant les unes des autres. Elles permettent un contrôle des corps et des cultures avec vocation de façon constante de rappeler aux victimes qu’elles ne devraient exister que par les normes des dominantes et dominants.

La gestion des agentes et agents de la Fonction publique recourt encore trop souvent à des discriminations systémiques, directes ou indirectes, conséquences de politiques discriminatoires. Cela s’illustre par le recrutement de plus en plus massif d’emplois contractuels, occupés majoritairement par des femmes, précaires et avec un accès freiné à des postes à responsabilité.

Il est donc impératif d’être attentive et attentif à toute discrimination ainsi qu’à toute nouvelle façon d’exclure un groupe de ses droits. Ce travail nous pousse à repenser nos actions, nos revendications et nos pratiques, comme non discriminantes.

  • Les discriminations systémiques de nos institutions, en réservant les emplois statutaires de la fonction publique aux seules personnes de la communauté européenne excluent les résidentes et résidents étrangers en situation régulière. Ces politiques ont des effets racistes, en cantonnant ces travailleuses et travailleurs aux entreprises sous-traitantes du ministère de la Culture, comme dans la sécurité et le nettoyage, des secteurs essentiels employant souvent des personnes racisées et précaires. Comme pour les métiers genrés, c’est une manière pour l’employeur de dévaloriser et d’exploiter. Enfin, nous constatons que les postes de direction ou de conception au ministère ne sont que trop peu accessibles aux personnes racisées, qui illustre un plafond de verre racial et sexiste.
  • La société prône le validisme, par son inadaptation, en excluant les personnes en situation de handicap que ce soit dans nos institutions culturelles ou dans nos collectifs de travail. Il faut penser une société d’inclusion. Cela passe par des espaces de travail adaptés aux travailleuses et travailleurs physiquement et numériquement et des espaces publics adaptés aux usagères et usagers. (ministère de la Culture : encore 20% des ERP ne sont pas encore conformes aux normes PMR, des établissements non accessibles (portes, escaliers…). Enfin, le ministère de la Culture n’atteint pas les 6% prévus par la loi en matière de recrutement de personnes RQTH (5,26% au 31 décembre 2024).
  • Des LGBTQIA+phobies à la grossophobie, les exemples de discriminations à la fois institutionnelles et inter-individuelles sont encore nombreux. Les mises à l’écart, les attaques verbales, les agressions physiques ont des conséquences destructrices pour les personnes comme pour les collectifs de travail. Ces questions doivent être un travail constant de sensibilisation et de formation (34% des personnes concernées déclarent avoir été victimes de discrimination au travail selon l’Observatoire des inégalités). La réalité concrète de la transphobie, en excluant des personnes trans de l’espace public et intimes (vestiaires, WC, etc.) empêche et rappelle quelles sont les conséquences pour la vie des personnes trans.
  • La discrimination fondée sur l’âge, dite âgisme, est manifeste dans la formation, la carrière et l’emploi. L’âgisme a des conséquences graves et profondes sur la santé et le bien-être des personnes. Dans notre ministère où la moyenne d’âge est de 50 ans, nous constatons un développement croissant du « jeunisme » (culte des valeurs associées à la jeunesse) où des encadrantes et encadrants font pression sur les personnes de plus de 50 ans en les poussant à la mobilité afin de les remplacer par des jeunes recrues. La hiérarchie considère que l’expertise acquise constitue une réticence « au changement » au lieu de justement s’appuyer sur l’expérience et l’historique du ministère qu’ont les « seniors » pour améliorer l’organisation du travail et les politiques culturelles.
  • Certaines et certains de nos collègues, en première ligne des missions de service public (accueil, sécurité…) subissent régulièrement des discriminations venant des usagères et usagers, dans une société où les idées racistes et sexistes sont banalisées.
  • La discrimination syndicale n’est ni plus ni moins qu’une stratégie visant à empêcher l’organisation des travailleuses et travailleurs en rognant sur les libertés syndicales. Remonte actuellement de tous les secteurs du ministère une offensive antisyndicale forte aux formes très variées : vexations, remontrances, mesures disciplinaires, absence de promotion, traitement différencié, tentatives de licenciement et licenciements, tentative d’assimiler l’expression syndicale à un risque professionnel (RPS) pour les encadrantes et encadrants. Il s’agit bien d’empêcher l’expression des travailleuses et travailleurs. La CGT doit faire de ce combat l’une de ses priorités et recourir si nécessaire à l’outil juridique.

La CGT doit s’engager plus en avant avec les associations de défense de victimes de discriminations, être présente durant les journées de mobilisation (marche des fiertés, journée internationale du droit des femmes, journée du souvenir trans, marche pour les sans-papiers, journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, etc.), mais également savoir entendre les reproches et faire évoluer ses pratiques. C’est aussi se former à recevoir la parole des victimes et à les accompagner sans les contraindre.

La culture un droit pour toutes et tous, et contre les discriminations

La lutte contre les discriminations concerne pleinement l’accès à la culture, qui constitue un droit fondamental.

Les agressions racistes subies par des artistes et des travailleuses et travailleurs de la culture ou les situations vécues par des personnels confrontés à des usagères et usagers racistes illustrent l’insuffisance de la protection apportée par les institutions. La CGT-Culture rappelle la nécessité de défendre les agentes et agents qui luttent contre le racisme et les discriminations dans leur travail.

Les attaques antisémites et antisyndicales contre des camarades du musée du Louvre engagés dans la campagne contre l’extrême-droite menée à l’occasion des élections législatives anticipées de 2024 démontrent la violence dont cette dernière est capable lorsque la CGT dénonce son usurpation sociale.

Ces logiques relèvent d’un même système de discriminations imbriquées, que nous devons combattre par une approche antiraciste (y compris contre l’antisémitisme et l’islamophobie), égalitaire, intersectionnelle et de classe.

Les revendications de la CGT-Culture :

  • La création d’une fiche alerte par type de discrimination pour mieux cibler la discrimination que l’agente ou l’agent est en train de subir
  • La lutte contre tout propos discriminant qui porte atteinte à l’agente ou l’agent
  • La lutte contre les actes discriminants et agressions racistes répétés ou non
  • Un égal accès dans le déroulement des carrières, la mobilité, les promotions, l’accès aux responsabilités pour favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes
  • L’obligation pour toute agente et tout agent public d’être formé·e sur les discriminations, les stéréotypes de genre et d’orientation sexuelle et les violences sexistes et sexuelles au travail
  • La lutte pour la régularisation immédiate de toutes les travailleuses et tous les travailleurs sans-papiers
  • L’accès aux emplois statutaires aux ressortissants de nationalités extraeuropéennes
  • La lutte pour en finir avec les métiers genrés et/ou racisés
  • La possibilité d’un congé transition dans le cadre du congé hormonal
  • L’adaptation des conditions de travail aux personnels en situation de maladie ou de handicap
  • L’arrêt de toute forme de discrimination syndicale et la défense des militantes et militants, et l’arrêt immédiat de toute mesure coercitive de quelque nature que ce soit contre les représentantes et représentants du personnel dans l’exercice de leur mandat
  • La mise en place des formations et des fiches qui articulent lutte contre le racisme et défense des droits sociaux avec des exemples concrets pour aider les personnels à réagir face à des propos xénophobes, sexistes ou racistes (islamophobe, antisémites…)
  • L’amélioration de la charte sociale pour l’égalité totale de traitement entre les personnels du ministère et ceux des entreprises sous-traitantes