Texte d’orientation du XIVe congrès de la CGT-Culture – mai 2026
Les personnels de l’archéologie au ministère de la Culture sont composés des agentes et agents de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (établissement public), de la filière Recherche du ministère, en majorité des personnels des Services Régionaux de l’Archéologie (services déconcentrés), du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines et du centre de recherche et de restauration des musées de France (services à compétence nationale) ainsi que de la Sous-Direction de l’Archéologie (Administration centrale). Elles et ils représentent environ 2 600 agentes et agents ! (Titulaires, CDI et précaires compris).

Par nos luttes, nous avons obtenu pour les personnels de l’archéologie du ministère de la Culture :
- À l’Inrap, la mise en œuvre d’un protocole d’accord sur le rattrapage salarial des agentes et agents de l’Inrap pour la période 2022-2024, ce protocole n’aura toutefois pas permis de résorber tous les écarts de salaires constatés avec les titulaires du ministère de la Culture. De plus, ces rattrapages ont été grandement entamés par l’inflation des dernières années, accentuant la précarité parmi les agentes et agents
- À l’Inrap, le recrutement externe de plus de 300 agentes et agents depuis 2019, générant mutations et recrutements internes, nettement insuffisant au vu des enjeux de renouvellement générationnel
- Pour la filière Recherche du ministère, après des années sans concours, les ouvertures de concours d’ingénieur·e d’études (2022 et 2025) et de concours d’ingénieur·e de recherches (2023), correspondant au total à 64 postes ouverts (42 externes et 22 internes), ont permis de limiter l’hémorragie, de rétablir, a minima, le droit des personnels à la mutation et à la promotion et d’intégrer une partie des collègues précaires. Mais les besoins sont encore loin d’être satisfaits !
- Dans les DRAC, une revalorisation du régime indemnitaire permettant de doubler le montant de l’IFSE de la filière recherche
Ce que la CGT-Culture revendique pour tous les personnels de l’archéologie du ministère de la Culture :
- La défense des politiques de gestion des dossiers d’archéologie préventive et programmée basées sur des choix scientifiques et la reconnaissance de l’expertise des personnels des SRA et du DRASSM, pour garantir la protection du patrimoine
- L’abrogation de la loi de 2003 sur l’archéologie préventive
- Le retour à une maîtrise d’ouvrage publique pour l’ensemble des interventions archéologiques
- La fin de la mise en concurrence entre services et établissements des ministères de la Culture et de l’Enseignement supérieur et de la recherche (INRAP, SRA, collectivités territoriales, Universités) au profit d’une collaboration étroite en matière de recherche et de valorisation de l’archéologie
- La reconnaissance de l’expertise scientifique des personnels de l’archéologie
- La garantie d’un temps de recherche pour tous les personnels de l’archéologie afin de maintenir leur expertise scientifique et leur légitimité
- L’assurance du remplacement de tous les départs en retraite afin de garantir le maintien des missions
- Une meilleure mobilité entre services et organismes publics de l’archéologie
- La baisse de la durée hebdomadaire de travail de 35 h à 28h d’autant plus indispensable qu’il y a une forte pénibilité du travail dans les activités de l’archéologie
À l’INRAP :
- Le prolongement au-delà de 2024 du protocole d’accord salarial jusqu’à la résorption complète des écarts de rémunération constatés entre les agentes et agents de l’Inrap et les fonctionnaires de corps équivalents
- Une véritable Gestion Prévisionnelle des Emplois, des Effectifs et des Compétences (GPEEC)
- Des plans de recrutement annuels, respectant le cycle statutaire (mutations, promotions, recrutements externes), pour garantir les déroulés de carrière
- La priorité du critère de l’ancienneté pour les recrutements internes et la dé-précarisation des CDD
- Le recrutement en CDI, notamment de techniciennes et techniciens et d’assistantes et assistants de recherche, à hauteur des besoins de l’établissement
- Le relèvement pérenne du plafond d’emploi, à hauteur des besoins de l’archéologie préventive, plafond qui ne cesse de chuter depuis 2019 (soit à l’Inrap 2050 ETPT en 2019 et 1993 ETPT en 2026)
- Le strict respect des droits des personnels précaires, notamment en matière d’indemnisation chômage, ainsi qu’une prime de précarité revalorisée à 20 %
- Une politique volontariste de prévention des risques professionnels et l’accompagnement par l’établissement et la tutelle des personnels en situation d’usure professionnelle physique ou morale
Dans les SRA :
- Des concours réguliers dans la filière Recherche, notamment d’ingénieur·es (IE et IR) tous les deux ans a minima, avec des listes complémentaires suffisantes, permettant des promotions et des recrutements externes, afin d’assurer le renouvellement générationnel
- La défense du statut de fonctionnaire et l’intégration des collègues contractuel·les (CDD et CDI)
- Une véritable Gestion Anticipée des Emplois et des Compétences (GAEC)
- Un repyramidage doit être mené pour les agentes et agents de la filière Recherche du ministère pour compenser et réparer la quasi-absence de promotion depuis 10 ans !
- La création d’emplois pour la filière Recherche à hauteur de 500 agentes et agents a minima, dont 350 dans les SRA
- Un accès aux outils de recherche et aux outils numériques partagés pour tous les personnels pour faciliter l’instruction, l’interopérabilité et les échanges techniques et scientifiques au sein d’une même communauté
- Le respect des politiques de prescriptions basées sur des choix scientifiques
- Le renfort en moyens humains, informatiques et logistiques, de la carte archéologique nationale afin de garantir le maintien et le développement de cette mission fondamentale
- Le renfort en moyens humains, informatiques et logistiques de la gestion des données scientifiques de l’archéologie (Biens Archéologiques Mobiliers et documentation scientifique)
Au DRASSM :
- La défense de ses missions et la réaffirmation de son rôle dans le service public d’archéologie
- Des recrutements à hauteur des besoins afin d’assurer l’entièreté des missions
- Une vigilance sur les conditions de travail et la prévention des risques professionnels au vu de leur activité
- Le renfort en moyens humains, informatiques et logistiques, de la carte archéologique nationale et de la gestion des données scientifiques de l’archéologie (Biens Culturels Maritimes et documentation scientifique)
- Le renforcement des liens entre les personnels du DRASSM et le reste de la communauté archéologique de service public
Au C2RMF :
- Le maintien de ses missions et de ses expertises
- Une vigilance sur les conditions de travail et la prévention des risques professionnels au vu de leur activité
- Le renforcement des liens entre les personnels du C2RMF et le reste de la communauté archéologique de service public
À la Sous-Direction de l’Archéologie :
- Une Sous-Direction de l’Archéologie au service des archéologues et de l’archéologie qui pèse au sein de la Direction générale des Patrimoines afin de défendre nos missions au niveau du ministère de la Culture
- Le maintien des effectifs et des profils métiers associés, garant d’une expertise scientifique et de la défense du sens de nos missions
- La mise en œuvre réelle au sein de la SDA d’un travail collectif et transversal, basé sur l’échange et la complémentarité, et réalisé en collaboration avec les agent·es en région
Pour un service public de l’archéologie uni !
Par le biais d’échanges et la mise en place d’un réseau de l’archéologie, par ses luttes et le rassemblement de l’ensemble de la communauté archéologique, la CGT-Culture s’efforce, sur l’ensemble du territoire, d’accompagner tous les personnels du service public de l’archéologie au sein du ministère de la Culture pour élaborer collectivement les revendications, définir les actions, améliorer les conditions de travail, soutenir la réalisation des missions et défendre le sens des missions. Le volume des effectifs doit s’adapter aux missions et non l’inverse !
