Pour une politique ministérielle ambitieuse de l’enseignement supérieur et de la recherche

7 juillet 2026 - par CGT-Culture

Liminaire des élus LENA, SGPA, SNEA, SNMD CGT-Culture
CNESERAC – 2 juillet 2026

Les enseignements dispensés dans les écoles, alimentés par la recherche comme par les pratiques, doivent permettre de nourrir l’esprit critique et créatif des étudiant·es tout en préservant la santé de ces dernier·ères et les conditions de travail des agent·es de l’ESRC. Hélas, la seule chose visible après moins d’un an d’exercice post-réorganisation de la centrale, ce sont les grandes difficultés au sein des écoles comme en administration centrale !

La réorganisation de l’enseignement supérieur culture par la création de la Direction Générale à la Démocratie Culturelle et à l’Enseignement supérieur et la Recherche (DGDCER), réalisée au forceps à l’automne 2025, s’était donné comme objectif de donner une meilleure visibilité à l’enseignement supérieur et la recherche culture (ESRC).

Pour la CGT-Culture l’enjeu est de taille : dans un contexte d’accroissement des tensions politiques, économiques et écologiques et de montée de l’extrême droite, il s’agit de former des créateur·ices émancipé·es et libres, non des exécutant·es formaté·es aux exigences du patronat.

En administration centrale, la réorganisation doit être finalisée.

 Nous savons que celles et ceux qui mènent actuellement cette réorganisation n’en sont pas les initiateurs, mais ils ont la lourde responsabilité de mener à bien ce chantier important dans son ampleur et ses possibles conséquences. La CGT Culture souhaite une pleine réussite pour l’étape finale de la préfiguration de l’organisation de la DGDCER à sa nouvelle directrice. Mais la CGT Culture rappelle que le projet de service de cette direction doit lui donner les moyens de répondre aux besoins de l’ESRC, notamment en termes de pilotage des écoles et de la recherche. Dans l’attente, et en l’absence de vision claire portée par la hiérarchie, le travail des personnels est directement affecté dans son sens même. Il y a donc urgence à trouver l’organisation adaptée aux missions confiées à cette direction et à la doter en fonctions supports pour la rendre autonome.

La nouvelle DGDCER a besoin d’un portage politique fort.

 Tout le monde conviendra que supprimer presque 80 millions d’euros sur le budget est une curieuse manière de redonner de la visibilité à l’ESRC et à la démocratie culturelle ! C’est pourtant ce qui est arrivé en 2026. La contrainte budgétaire exercée sur le Ministère et le programme 361 (Transmission des savoirs et démocratisation de la culture) est en train d’étrangler les écoles, la recherche, l’éducation artistique et culturelle et la langue française. Malgré le maintien du budget de l’action 1 (Soutien aux établissements d’enseignement supérieur et insertion professionnelle) du programme 361 en 2026, les établissements d’ESRC s’organisent déjà pour supprimer de l’emploi et pour déployer des stratégies d’autonomies financières qui consomment des fonctions supports et font peser sur des équipes déjà en souffrance une surcharge de travail (recherche de fonds propres, démultiplication des réponses aux appels à projets, développement de formations payantes…).

Pas detransmission sans production des savoirs et des connaissances, sans recherche et sans création.

À l’heure où le budget de la Défense aspire tous les autres notamment celui de la Culture, la CGT-Culture demande à la ministre, Madame Catherine Pégard de peser pour sanctuariser le budget de son ministère et du programme 361 dans son ensemble. Il n’y a pas detransmission des savoirs sans production des savoirs et des connaissances, sans recherche et sans création. Il n’y a pas non plus de recherche sans formation à la recherche et par la recherche, ni sans transmission des savoirs.

Donner un cap clair à la DGDCER, pour la CGT Culture, c’est aussi porter une politique ministérielle forte et lisible en matière d’ESRC au service des établissements d’enseignement supérieurs et de la recherche, en n’oubliant jamais que ces éléments sont des piliers de la démocratie culturelle.

Nos interrogations portent aujourd’hui sur le modèle vers lequel tend l’ESRC :

  • S’agit-il de transposer le modèle du ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Espace, au ministère de la culture il ne peut s’appuyer sur la même armature, ni la même histoire, ni son vivier, ni son échelle ?
  • Comment s’assurer que l’homogénéisation vers le modèle universitaire ne lisse pas les spécificités des enseignements culture, ni ne ralentisse les transformations nécessaires dans l’ensemble de ses composantes ?
  • Une transposition de ce modèle permettrait-t-elle enfin, par exemple, de doter les écoles d’art de contrats doctoraux et aux enseignants de statuts adaptés ?

La CGT-culture fonde quelques espoirs sur la création d’une CES école d’art (inscrit à l’ordre du jour de cette séance) pour enfin travailler sur des questions de fond communes aux écoles territoriales et nationales : rôle des écoles d’art sur le territoire et dans le monde de la culture, moyens alloués au développement de la recherche et place faite à cette dernière et aux pratiques de création dans le temps de travail des enseignants, évaluation des cursus en alternance… Cette CES ne peut remplacer un Comité Social d’Administration commun des écoles d’art que nous revendiquons mais il donnera peut-être la possibilité de construire et défendre collectivement une vision d’ensemble du champ.

Pas d’exception au principe de gratuité des études supérieures.

Enfin, comme vous le savez, plusieurs organisations de la CGT-Culture (couvrant les champs des ENSA-P, ENSART et CNSMD) ont pris position contre les frais d’inscriptions différenciés pour les étudiants et étudiantes extracommunautaires, en solidarité avec une communication des camarades de la FERC CGT et en soutien au rejet écrasant par le CNESER du décret du 20 mai 2026. Les organisations de la CGT Culture sont résolument opposées à toutes formes d’exception au principe de gratuité des études supérieures. Sortir de ce principe de gratuité, alors même que le ministère entend lutter contre la charrette au bénéfice de la santé des étudiant·es, ce serait obliger les moins favorisés d’entre eux à avoir une activité salariée en plus de leurs études, et contraindre ces étudiants à un surtravail aussi nuisible à leur santé qu’à la poursuite de leurs études !

La défense d’un enseignement supérieur et d’une recherche culture publics gratuit et accessibles à toutes et tous doit être la boussole des politiques ministérielles.