Service jardins du Domaine National de Saint-Cloud : Une trahison des engagements de la direction !

13 février 2026 - par SNMH-CGT

Depuis des années les représentants du personnel alertent sur les conditions de travail du service jardin du domaine national de Saint-Cloud. Rappelons ici que l’équipe d’une vingtaine d’agents intervient sur un domaine de 460 hectares.

Ainsi, en juin 2021 une visite du CHSCT faisait le constat de la vétusté et de l’inadaptation des locaux aux besoins des équipes du service jardin, que ce soit dans les locaux du fer à cheval, du Trocadéro, des serres de Sèvres et du manège.

Les conditions de travail y étaient indignes, dans des espaces exigus, sans vestiaires pour les femmes, ni sanitaires ou équipements suffisants et différenciés pour assurer des conditions d’hygiène satisfaisantes et éviter la promiscuité (séchage, nettoyage des vêtements, douches, cuisine, vestiaires…).

Le constat était également fait par le CHSCT de la vétusté voire de la dangerosité des serres (à Sèvres ou au Trocadéro) pour la plupart inutilisées ou menaçant de tomber ruine. Une grande partie des serres de Sèvres sert de lieu de réserve des collections horticoles uniques du domaine et deux serres seulement servent à la production du domaine.

Parallèlement, les représentants du personnel alertaient sur le dépérissement de la filière jardin avec l’insuffisance de recrutements pour remplacer les postes d’agents partant à la retraite. De même, nous alertions sur l’état sanitaire du parc, notamment la senescence du patrimoine arboré et l’absence de suivi et de moyens pour mettre en œuvre le plan de gestion du parc.

S’en suivit un CHSCT Paris-siège-petite-couronne le 18 octobre 2021 faisant un certain nombre de recommandations et où la direction de l’époque avait pris des engagements allant dans le sens d’une amélioration des conditions de travail.

En 5 ans, un certain nombre de ces engagements a été tenu par le CMN notamment : la mise en place d’une station essence autonome aux normes, des travaux pour l’étanchéification du manège (ateliers de réparation) et sa mise aux normes électrique, un diagnostic phytosanitaire des arbres et des opérations d’abattage d’urgence, une remise à jour du plan de gestion accompagné d’un programme pluriannuel de travaux notamment en termes de replantation et d’autres mesures tels que le doublement des EPI ou l’achat d’une machine à laver…

Cependant, la principale mesure visant à l’amélioration des conditions de travail du service jardin reste, elle, sur le carreau. En effet, à l’époque la direction s’était engagée à mener une étude visant à la réhabilitation des locaux sociaux et d’une partie des serres. Cette étude avait abouti à un projet prévoyant la rénovation des locaux et des serres du Trocadéro dans un but à la fois d’unifier le service sur un seul site et d’améliorer grandement les conditions de travail et de production.  Les travaux étaient prévus en 2026 et budgétés à hauteur de 7,5 millions d’euros…

Mais en ce mois de février, c’est avec consternation que les agents ont appris que le projet était reporté sine die pour des raisons budgétaires et que des mesures de compensation seraient mises en place, comme la transformation d’un ancien logement de fonction en vestiaires (et non une base vie puisque sans cuisine) pour une partie des jardiniers du fer à cheval et de Sèvres, ou la mise en place de trois serres (deux tunnels et une chapelle) en plastique au Trocadéro pour remplacer les serres de Sèvres loués par le CMN à GPSO (collectivités territoriales)… Ce report des travaux est d’autant plus mal perçu par les agents, que l’amélioration des conditions de travail est un des grands chantiers de CMN 2030 et que le patrimoine vert est un des fleurons du CMN, comme l’a fort justement souligné le récent numéro hors-série de Monuments nationaux. Le magazine.

Fini, le lieu unique et modernisé pour les locaux sociaux des agents…

Fini, la réhabilitation des serres historiques…

Des collections végétales à jeter à la benne ou à déménager en urgence…

Un fiasco total à la fois pour le patrimoine végétal, pour la filière jardin, pour les conditions de travail des agents…

Et une trahison des engagements de l’établissement qui dit vouloir faire de l’écologie du patrimoine une priorité !

Paris, le 13 février 2026.

https://cgt-culture.fr/wp-content/uploads/2026/02/260213-INTERSYNDICALE-JARDINS-SAINT-CLOUD.pdf