Le président du Mucem, soupçonné de graves faits de harcèlement moral et sexuel et faisant l’objet d’une enquête en cours avec dépôt de plainte au pénal, met actuellement en place une communication stupéfiante pour minimiser les faits reprochés. L’administration du Mucem a ainsi mis en place une cellule de gestion de crise interne via une adresse mail générique et à laquelle les agents de l’établissement sont
invités à recourir alors que dans un mail interne aux agents en date du 11 mars 2026, il est écrit que « pendant toute la durée de cette enquête administrative, aucun échange relatif à ce sujet n’aura lieu avec la Présidence ».
Cette manière de faire est contraire à la déontologie et caractéristique de la désorganisation totale de l’établissement sur un plan administratif, financier et scientifique.
Signalons que depuis l’arrivée de ce Président, en novembre 2022, on assiste à une véritable dilapidation de l’argent public avec des recours à des cabinets de conseil externes, qui ne rendent que des conclusions favorables à la Présidence. On ne compte plus le nombre de conseillers successifs du Président, dont le rôle au sein de l’organigramme reste flou.
Depuis le recours engagé par l’intersyndicale CGT-FSU du Mucem contestant l’organisation de la tenue des élections des représentants du personnel au conseil d’administration de l’établissement en novembre 2025, nous restons de plus en plus vigilants face à cette administration, dont le fonctionnement est absolument chaotique.
Depuis deux ans, le fonctionnement de la Direction Scientifique et des Collections est erratique avec ce qui pourrait s’apparenter à des manquements à la déontologie. Le contenu de l’exposition semi permanente «Méditerranée» dont les rappels idéologiques étaient pour le moins discutables, signalés par une partie de l’équipe scientifique et par certains visiteurs, sont resté sans réponses ni corrections. L’identité du MUCEM comme musée de société de référence est désavouée. Nous pouvons signaler les doutes sur l’attribution de certains commissariats d’exposition, ou encore regretter la réduction de prérogatives de la CAP des conservateurs avec des promotions selon un processus opaque et propice aux suspicions.
Ce dernier point fait actuellement l’objet d’une saisine auprès du collège de déontologie du Ministère de la Culture.
Alors que l’IGAC mène un minutieux travail d’enquête sur le mal-être au travail des agents du Mucem, nous demandons au Ministère de la Culture une vigilance accrue et l’exercice efficace de la tutelle vis-à-vis d’un établissement administratif à la dérive tant sur le plan de la gouvernance que des enjeux scientifiques.
C’est pourquoi, l’intersyndicale CGT-FSU du Mucem demande le respect des moyens et des missions de service public de l’établissement et surtout le respect dû à tous les agents du Mucem dans ce contexte exceptionnel.
Marseille, le 8 avril 2026
