À la suite d’un signalement du ministère de la Culture au procureur de la République par l’article 40 du Code de procédure pénale, une enquête préliminaire a été ouverte mi-mars par le parquet de Marseille pour harcèlement sexuel et moral dans le cadre du travail au Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MUCEM), pour des faits visant notamment son président Pierre-Olivier Costa.
En parallèle, une enquête administrative de l’IGAC est également en cours sur les conditions de travail. Les personnels de l’établissement dénoncent depuis plusieurs années le climat délétère qui s’est instauré depuis l’arrivée du président fin 2022, objectivé par deux audits pour risques psychosociaux et une alerte de la médecine du travail, restés sans réponses concrètes.
L’intersyndicale CGT/FSU du musée appelle à « une vigilance accrue et l’exercice efficace de la tutelle vis-à-vis d’un établissement administratif à la dérive tant sur le plan de la gouvernance que des enjeux scientifiques » et au respect des personnels.
Faut-il rappeler à notre nouvelle ministre et à son administration – pourtant elle, bien informée – de l’omerta du ministère autour de l’affaire Christian Nègre ? Ce haut fonctionnaire a pu sévir en toute impunité pendant près de 10 ans en administration centrale auprès de plus de 250 candidates par soumission chimique, sans compter les prises de photographies des jambes des collègues en réunion. Il aura fallu attendre qu’une figure d’autorité (une préfète) soit victime du « photographe » et le dénonce pour que l’affaire éclate !
Faut-il rappeler à notre nouvelle ministre la position de ses prédécesseures Roselyne Bachelot, Rima Abdul Malak et Rachida Dati, qui ont préféré maintenir à la tête du CNC Dominique Boutonnat pourtant mis en examen en février 2021 pour agression sexuelle, jusqu’à ce qu’il soit condamné en juin 2024 et démissionne de lui-même ?
Nous demandons au ministère d’appliquer le code de la fonction publique, à savoir la suspension de fonctions temporaire du président du MUCEM le temps de l’enquête administrative.
Le président de la République et son épouse jonglent, dans un constant en même temps, entre la défense des droits des femmes, en faveur de l’égalité, et la défense d’agresseurs médiatiques (Gérard Depardieu, Ary Abittan), au détriment systématique de l’ensemble des personnes victimes de violences et de harcèlements sexistes et sexuels. Et ce double discours entretient une omerta dans l’ensemble des lieux de pouvoir.
Nous dénonçons fermement cette hypocrisie et exigeons de nos dirigeant·es qu’elles et ils soient exemplaires en matière de respect et de lutte contre les VHSS !
STOP à l’impunité et à l’omerta
Paris, le 9 avril 2026
