Nouvelles coupes budgétaires : quand le Gouvernement promeut un budget de guerre

2 juin 2026 - par CGT-Culture

Le Gouvernement envisage de geler 3,2 milliards d’euros sur le budget de l’État et d’annuler plus de 950 millions d’euros de crédits budgétaires en crédits de paiement (CP) via 2 projets de décret :

  • Un projet de décret portant annulation de crédits prévoit d’annuler 490 millions € en crédits de paiement (CP) pour tous les ministères excepté pour les Armées et la Justice
  • Un projet de décret portant ouverture et annulation de crédits à titre d’avance prévoit l’annulation de plus de 460 millions en CP

Pour le ministère de Culture, ce sont des annulations en cumulé de plus de 38 millions € pour la mission Culture et de plus de 5,8 million € pour la mission Médias, livres et industries culturelles qui sont prévues en crédits de paiement.

Pour rappel, le budget initial de 2026 du ministère de la Culture subissait déjà des pertes à hauteur de plus de 200 millions € pour le programme Patrimoines, de 73 millions € pour le budget Transmission des savoirs et le Fonpeps (programme Création) perdait environ 34 millions €.

Le budget du ministère avait déjà, en 2025, subi plusieurs annulations budgétaires : l’enveloppe initiale non seulement inférieure à celle de 2024 (-3 millions €), avait subi des annulations de crédit en avril 2025 de -114 millions € en crédit de paiement (CP).

AE : autorisation d’engagement ; CP : crédit de paiement

Missions et programmesLoi de finance du 19 février 2026Projet de décret d’annulation crédits 2026Projet de décret annulation de crédits à titre d’avance 2026
 AECPAECPAECP
Culture 3 753 177 9733 744 547 181-18 856 528-18 166 919-19 230 262-19 919 872
Patrimoines (175)1 059 487 4991 137 477 968-6 921 164-5 637 757-6 294 245-7 577 652
Création (131)1 068 252 592997 839 481-4 286 355-4 906 766-7 215 546-6 595 135
Transmission des savoirs et démocratisation (361) 756 197 373741 129 048-7 036 656-7 027 743-4 938 905-4 947 818
Soutien aux politiques du ministère de la culture (224)869 240 509868 100 684-612 353-594 653
Médias, livre et industries culturelles720 520 782702 973 552-1 166 631-1 304 491-4 691 214-4 553 354
Presse et médias (180)363 312 610362 329 698-2 800 000-2 800 000
Livre et industries culturelles (334)357 208 172340 643 854-1 166 631-1 304 491-1 891 214-1 753 354

Du côté des collectivités, celles-ci vont subir des pertes cumulées à hauteur de près de 48 millions € en CP (et près de 70 millions en AE) au sein de la mission Relations avec les collectivités territoriales.

Alors qu’au ministère nous subissons des suppressions d’emplois continues (-172 pour l’année 2026), l’externalisation à tout va, des suppressions de services et des restructurations, des conditions de travail de plus en plus dégradées, la vétusté de nombreux sites, des blocages de salaires, des orientations de plus en plus libérales et une offensive réactionnaire engagée dans une bataille culturelle mortifère, la ministre se doit de réagir !

Nous rappelons que les théâtres, les musées, les monuments, les bibliothèques, les salles de spectacle et l’ensemble des travailleur·euses qui les font vivre sont des remparts contre l’obscurantisme. Le service public culturel, déjà fortement attaqué par les baisses de budgets du ministère et des collectivités – les fermetures de lieux, les licenciements, les dégradations des conditions de travail et de vie se multiplient – ne doit pas subir de nouvelles coupes budgétaires.

La loi de programmation militaire, qui impose à la population une austérité invivable, doit cesser de capter une part croissante de la richesse nationale au détriment des services publics, des travailleur·euses et du progrès social ! Pour payer la guerre et pendant que les montants distribués aux actionnaires ont atteint 454 milliards en 2026, le gouvernement fait encore le mauvais choix de sous financer la majorité de ses ministères au risque de les asphyxier. Ce sont les personnels et les usager·es qui en paieront le prix fort.

La CGT-Culture s’oppose fermement à cette dérive libéralo-guerrière, où les affrontements de plus en plus directs entre impérialismes tentent de redessiner la carte de l’exploitation de la richesse et des peuples pour faciliter la prédation des multinationales. Une économie de guerre ne génère aucun progrès social, elle n’entraîne que destructions.

Paris, le 2 juin 2026